DSP ? Kécécé ?

- DSP, hummm.... Démocratie et Service Public ? - Non, vous n'y êtes pas, ne cherchez pas à savoir.... rendormez vous tout ira bien.

Une DSP est une “Délégation de Service Public”.

 

Un troupeau de DSP ça ressemble un peu à ça:


C’est l’un des nombreux acronymes que nos très chères administrations nous servent, un peu comme pour brouiller les pistes, en codifiant un langage qui devient vite inaccessible au simple citoyen.

Les mots “Service” et “Publics” disparaissent alors du décors.

Tout comme les “syndicats d’initiatives” portaient un nom signifiant composés de “Syndicats” et “initiatives”, sont devenus peu à peu des “Offices de Tourisme” (comme Office des répressions) pour finalement être dénommés “O.T.”, voire même EPIC ! 

Exit exit la notion “d’initiative”. Exit aussi la notion de “syndicat”, qui sous entend une certaine démocratie, au sens “écoute des citoyens”…

Comment ça marche :

Un Etat et toute la myriade de sous ensembles qui le compose a de nombreuses responsabilités, mais de moins en moins d’argent à force de jouer avec la dette publique.
Du coup, l’Etat n’assume plus lui même ses missions Il charge quelques scribes (souvent un bureau d’études qui intervient en tant consultant), de pondre une règle du jeu, un cahier des charges, qui sera ensuite appliquée par d’autres entreprises privées.
Sur la base d’une “Convention de Délégation de Service Publique”, elles mettent en oeuvre ce cahier des charges en lieu et place de l’Etat ou de son sous ensemble : région, département, agglomération, Communauté de Communes, commune…).

Sur le papier, les bisounours pourraient croire à une bonne idée.

Les administrations ont de moins en moins de missions à traiter en direct, donc de moins en moins de charges. Elles peuvent “écrémer” les effectifs de la fonction publique pour lutter contre cette fameuse dette que nous payons tous (ou presque) si chèrement.
Mais très rapidement, la plupart des compétences ayant été “externalisées”, il n’y a plus personne, en interne, pour démêler qui fait quoi, comment, pourquoi.
C’est alors que ces sous traitants de l’Etat et consorts, détenteurs de tout le savoir sur le sujet propre, bien cloisonné, sont les seuls à même de juger de leur propre efficacité. On appelle ça du « lobbying » ‘en anglais : discuter dans les couloirs »)

« La Politique” devient “le politique”, les lobbies sont dans la place :

Certains imaginent que cette méthode permettra de réduire les impôts, de résoudre le problème des retraites, voire même de ‘Rendre le monde Meilleur ! ». 

« Talleyrand, qui savait nager sur le dos et ramper sur le ventre comme personne, qui trahissait à Versailles comme on pète à Passy, c’est-à-dire sans bruit, a vécu tellement courbé qu’on a pu l’enterrer dans un carton à chapeau. »

Pierre Desproges /Fonds de tiroir / Éditions du Seuil

Clic & CLUF :

Vous savez, lorsque Microsoftruc vous demande de cliquer sur “J’accepte les CLUFS” (Contrat de Licence Utilisateur Final”), que vous ne prenez jamais le temps de lire tant il y en a : A force de jouer aux DSP, nos élus de tous niveaux se sont retrouvés dans une jungle de contrats de DSP impossibles à démêler sans l’aide de consultants et autres bureaux d’études…. Et le système s’est emballé…
On comprend alors que poser sur les photos dans la presse, faire de beaux discours d’auto-congratulations est bien tout ce qui reste à nos élus pour exister et avoir une chance d’être réélus. A quelques exception près, nous connaissons tous cette réalité.
C’est bien tout ce qui compte non ? Puisque tout le reste ou presque a été “délégué”.

Concrètement, dans notre quotidien :

Nous connaissons tous l’histoire de l’écotaxe et des portiques autoroutiers. On connait moins celle des marchés publics de l’eau ou des radars automatiques, pourtant bien plus juteuse. Nous sommes tous fermement con-vaincus que l’essentiel de la collecte des radar automatiques est justement réinvestie pour améliorer les services publiques. Et que le Père Noel entre par la cheminée malgré son obésité notoire.

Mais si cela peut nous sembler encore bien lointain, nous sommes bel et bien confrontés à ces fameuses DSP à tous les niveaux, jusqu’à nos villages.

La pression est telle que peu à peu même les services les plus essentiels sont “hackés”.

La sécurité routière peut sembler être une mission aussi essentielle et noble que le rôle des Pompiers, de la Police ou de la Gendarmerie.

Là aussi pourtant, les DSP ont progressivement envahi dans ses décisions de nouvelles normes.

Ces normes sont rédigées en faisant appels au fabriquant des panneaux eux-mêmes…. C’est le coup du pompier incendiaire.

On imagine bien qu’il n’ont pu proposer que des solutions extrêmement complexes et coûteuses, présentées par les représentants de l’Etat eux mêmes lors de réunion d’information des commerçants, en parlant de CILS et autres acronymes, sans même avoir pris la peine d’observer la réalité, mais juste les CLUFS.
C’est ainsi qu’on se retrouve avec des travaux routiers dramatiques pour l’activité touristique d’un village, parce qu’un sous traitant a décidé que l’été l’arrangeait lui, sans que les élus ne puissent (ne veuillent ?) rien faire.
C’est ainsi qu’on se retrouve un jour avec des villages qui disparaissent du bord des routes.

Il n’y a plus qu’à mettre en place une signalisation “alambiquée”, hors de prix, dont les communes n’ont plus les budgets sauf à s’endetter à nouveau de nouvelles subventions et financements bancaires… Ou a laisser crever leurs commerces et toute l’activité économique.

On gémira gentiment sur la disparition du tourisme de printemps. Vous savez, ceux qui osent encore partir quelques jours, les cheveux et la pensée au vent, n’ayant aucune envie de chercher où dîner, où dormir, sur un serveur hébergé, lui, à l’autre bout de la planète faute de panneaux sur les routes.
Mais comme là aussi il y a eu délégation de la compétence économique… Elle appartient désormais, par exemple en Pic Saint Loup, à la Communauté de Commune, plus aux communes elles mêmes… “C’est pas moi c’est lui” est une réponse bien plus simple à donner.

Et vive le Mille-Feuilles !

Mais heureusement, nous avons désormais internet, et nous avons tous compris que désormais l’information circule vite.

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